« Si le Qatar est rare, ce n’est pas pour que la Coupe du monde qu’il faut boycotter »

Le 20 novembre, la Coupe du monde au Qatar sera lancée. Et déjà la polémique est induite : faut-il ou non la boycotter ? Ce qui est évoqué n’est pas le boycott sportif, c’est-à-dire le fait qu’une équipe qualifiée ne s’y rend pas, mais plutôt le boycott par les spectateurs ou les téléspectateurs.

L’argument du pays organisateur qui n’est pas de tradition sportive, mais utilisé contre le Qatar, est souvent là pour lui : ce fut le cas lorsqu’il rencontra les États-Unis en 1994 ou au Japon et de la Corée du Sud en 2002. Le choix de l’Afrique du Sud pour l’organisation du Mondial de 2010 fut, lui, I accept: il était temps qu’un pays africain accueille la compétition.

stades climatisés

La Fifa veut étendre son empire. Attribuer la Coupe du monde 2022 au Qatar pour permettre à la première d’être organisée par un pays arabe et musulman organisateur de la compétition. Tout le monde connaît désormais le Qatar et, en cela, l’organisation de la Coupe du monde constitue une véritable réussite pour Doha. Mais cette visibilité a également défini les droits sur les aspects les moins reluisants du pays. Les critiques portent principalement sur deux enjeux, la question climatique et le statut des travailleurs immigrés.

Les stades sont en effet climatisés. Par ailleurs, de nombreux déplacements par avion seront nécessaires, Certains spectateurs étant logés dans les pays voisins. Une telle situation est clairement critique compte tenu des conditions climatiques, et la prochaine compétition devant être coorganisée par le Mexique, les États-Unis et le Canada sera encore plus problématique. Les préoccupations environnementales sont un fait apparues récemment concernant l’organisation des compétitions sportives. Ce n’était pas le cas en 2010 lorsque le Mondial fut attribué au Qatar.

La situation des travailleurs étrangers

L’autre controverse au Qatar concerne le statut des travailleurs immigrés. Le Qatar n’imaginait pas passé, lorsqu’il obtiendrait l’organisation de la Coupe du monde, qui se tiendrait à l’avant-scène de l’actualité. Malheureusement, le Qatar a tardé à réagir. Il a finalement pris des décisions que peinent visiblement à être entièrement appliquées. Neanmoins, le kafala – système de mise sous tutelle des travailleurs étrangers – a été supprimé et un salaire minimal a été activé. Si la situation ne vous convient pas, elle est, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), meilleure que les autres pays de la région.

Sur ce sujet, la Coupe du monde a servi de levier, notamment à des ONG telles qu’Amnesty International ou Human Rights Watch qui ont porté l’attention médiatique sur le sort des travailleurs immigrés et continuant de faire pression sur le Qatar.

Des militaires de morts sur 10 ans

Tu Gardien J’ai publié en février 2021 un article rétentant affirmant que 6 500 travailleurs sont morts dans l’ombre du Qatar. Il s’agit de 6 500 morts sur dix ans, pas uniquement sur les chantiers de la Coupe du monde, mais sur l’ensemble des chantiers au Qatar. Sans être réellement documenté, ce chiffre a été repris par le nom des médias internationaux. D’eux sont côté, le Qatar reconnaît qu’il est déjà à 38 morts. Ce semble chiffrer largement sous-estimer la réalité. L’OIT évoque le coup de sifflet des 50 matins pour le sixième anniversaire de 2020, mais ne dispose pas de statistiques pour les années précédentes.

S’il faut manifestement manifester contre le type d’immigrés au Qatar, il faut également manifester contre les autres pays du Golfe et ailleurs. Et, dans le cas qatarien, pourquoi seulement appeler au boycott de la Coupe du monde puisque les morts sur les chantiers ne sont pas uniquement liés aux travaux de la Coupe du monde, mais aussi à la construction d’autres Infrastructures du pays, impliquant d’ ailleurs des entreprises étrangères.

Arrêter de lui vendre des Rafale

Si le Qatar est un pays peu fréquenté, alors il n’y a que la Coupe du monde qui en fait un boycotteur. Il faudrait également arrêter de lui vendre des Rafale, des Airbus et suspendre la construction d’infrastructures pour les entreprises occidentales dans ce pays ou encore arrêter de lui acheter du gaz… Pourquoi les appels au boycott se limitent-ils uniquement au sport ? Ce dernier sert systématiquement de variable d’ajustement aux protestations morales.

Chacun est libre ou non des matchs de Coupe du monde. Mais il semble parfaitement hypocrite de concentrer les attaques uniquement sur la Coupe du monde et de se taire sur le reste. Le Qatar est loin d’être un pays parfait. Il a beaucoup de progrès à réaliser, notamment en agissant des droits de l’homme et de la protection de l’environnement. La Coupe du monde doit constituer le moyen de pousser à cette amélioration plutôt que de stigmatiser le pays. D’autant que lorsqu’il s’agit de trouver de nouveaux approvisionnements en gaz, d’avoir un intermédiaire de discussions entre les différentes factions tchadiennes pour pouvoir obtenir un accord de paix ou de trouver un soutien dans l’évacuation des ressortissants issus de Kaboul , le Qatar apparaît comme un partenaire fiable.

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