Bayern, le péché d’orgueil / C1 / Quarts / Bayern-Villarreal (1-1) / 13 avril 2022 / SOFOOT.com

Sur le papier, c’était l’une des affiches les plus déséquilibrées des quarts de finale de la Ligue des champions. Même s’il s’est incliné à l’aller (1-0), le Bayern Munich n’est certainement pas passé à côté de la trappe face à Villarreal. C’est pourtant ce qu’il s’est passé, le Sous-Marin jaune ayant décroché un nul héroïque à l’Allianz Arena ce mardi (1-1). Les Bavarois ont, avant comme pendant le match, donné l’impression de prendre leurs adversaires de haut. Ce qu’ils ont fini par payer très cher.

De l’inquiétude ? Passe de certitude. De la mesure et de la rétention ? Encore moins. A l’occasion du quart de finale retour de la Ligue des champions, le trust régnait chez les Munichois invités à se présenter face à face avec la presse. Une confiance absolue, inébranlable et j’ai été surpris au sein d’un club habitué à tout rafler sur son passage. More une confiance qui, à certains consentis, pouvait être confondue avec de l’arrogance. Quelques jours plus tôt, pourtant, ce Bayern-là s’est fait lessiver por un Villarreal survolté, bien que trop peu récompensé au look du tableau d’affichage (1-0). Une défaite – l’ouverture de la saison en Ligue des champions – a piqué Julian Nagelsmann, bien décidé à se souvenir des élections à sa place. « Nous avons fait beaucoup d’erreurs à l’aller. Ils en ont fait une : nous laisser en vie. Et nous devons les punir pour ça » ainsi lâché, sans sourciller, le jeune technicien allemand. « Nous avons beaucoup d’orgueil dans cette équipe. Quand j’ai perdu un match aller, il ne faut pas plaisanter avec nous » , un surenchéri fils gardien, Manuel Neuer. Le ton était donné.

Stade plein et sentiment de supériorité

Le sentiment de supériorité révélé à lui seul par les deux Bavarois était également perceptible à travers l’Allianz Arena, ou les supporters et paraissaient qui faisaient du souci. Après tout, au tour précédent, leurs protégés avaient été ballottés à Salzbourg (1-1), avant de pulvériser le club autrichien au retour (7-1). Il n’y avait aucune raison de croire dans un scénario différent. Surtout que l’enceinte munichoise, enfin délestée de sa jauge et autres contraintes sanitaires, était pleine comme un œuf. Ici, on apercevait un tifo en hommage au Bombardement Gérard Müller. Là, sur la compréhension de l’orateur ou du sono du stade, répétez à l’envi que le Bayern est le meilleur club du monde. Une atmosphère de fête, donc, et la sensation globalement partagée que le match du soir ne devait être qu’une formalité. Et tant pis si la bande à Robert Lewandowski avait envoyé les signaux peu cheerleaders le week-end précédent, elle a eu du mal à sortir d’Augsbourg (1-0).

La chose la plus importante, néanmoins, resta ce qu’il se passe sur le terrain. Et là aussi, il a déjà redire sur la prestacion des nonuples champions d’Allemagne en titre. On pourrait parler de Leroy Sané, qui n’est pas la hauteur de l’événement. A fortiori en première, pendant laquelle il a multiplié les centres trop peu travaillés, comme s’il ignore qu’il en tombe quand même plus pour mettre en difficulté l’impeccable charnière Albiol-Torres. Longtemps incapable de concrétiser sa domination par manque d’idées et de dynamisme, il rekordmeister a enfin trouvé la clé au début de la seconde période, grâce à Lewandowski (52moi). Les lauréats de la C1 en 2020 ensuite assailli le but de Geronimo Rulli, cherchant à arracher leur rating sans avoir à attendre la prolongación pour forcer la décision. Là encore, ils ont probablement péché par orgueil. Moins lucides, peut-être persuadés qu’ils Jaune ne se creeraient plus la moindre opportunité, ils ont commis une erreur fatale. Une allégeance aléatoire d’Alphonso Davies (entré juste avant) pour permettre à Gerard Moreno d’offrir le ballet de l’égalisation à Samuel Chukwueze, que ne s’est pas fait prier pour glacer l’ambiance (88moi).

Un levier pour Villarreal

Avec cette élimination dès les quarts pour la deuxième fois de rang, le Bayern tombe de haut. Et la déception est, à l’évidence, plus grande encore que la saison dernière, qu’avait vu la troupe de Hansi Flick trébucher contre le PSG (2-3, 1-0). Bien au sud, l’actuel leader de la Bundesliga est a priori supérieur à son adversaire espagnol. Ils sont palmarès, le vécu incroyable de son groupe et le niveau de son effectif rembourse la balance en sa faveur. À l’arrivée, c’est peut-être son manque d’humilité qui lui a valu cette grosse désillusion. « Ça fait très mal d’encaisser un mais malgré la performance que nous avons faite. Nous avons poussé, poussé, poussé. A tout instant, nous n’avons pas été sous la menace d’un adverse. Finir ce match sur un 1-1, c’est contre le cours du jeu » a pesté Thomas Müller, qu’a peu trop vite oublié contres remplacés par les Jaune en première période. Dans tous les cas, on a choisi cette valeur sûre : l’arrogance affichée par Nagelsmann et ses hommes au moins eu le mérite de motiver encore davantage les joueurs de Villarreal. « Tous ces commentaires nous ont servi la démotivationreconnaître Moreno. Ce mardi, ils ont fait l’erreur de ne pas nous tuer, et nous en avons profité. » C’est ce qui s’appelle un retour de manivelle.

Apelez-les Villarrégal !

Par Raphaël Brosse

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