record d’affluence attendu au Parc des Princes pour PSG-Lyon, le football féminin investit les plus grands stades

Environnement chaud en perspective. Plus de 37 000 spectateurs qui assisteront au Parc des Princes, le même jour, le 30 avril, pour le retour de la demi-finale de la Ligue des champions entre le PSG et l’OL. Un chiffre annoncé mercredi par le club parisien et qui pourrait encore gonfler avant le coup d’envoi. Un record national qui a battu les 30 661 spectateurs de Lyon-PSG en championnat de D1 Arkema, le 16 novembre 2019, au Groupama Stadium.

Ces affluences sont-elles signe d’une bonne vitalité du football féminin en France ? Pour Carole Gomez, assistante diplômée en sociologie du sport à l’Université de Lausanne, “C’est une très bonne nouvelle et ce sera intéressant d’observer la suite pour voir si ça pérennise, ou si c’était juste uneException que confirme la règle”. Après avoir longtemps souffert d’un manque de public, devenu un argument pour ses détracteurs, le football féminin semble rassembler de plus en plus.

L’avant-première de l’image avec le Camp Nou, à guichets fermés à deux reprises cette saison pour sa section féminine. En demi-finale de la Ligue des champions face à Wolfsburg, les Blaugranas sont passés à plus de 91 000 spectateurs, établissant un record du monde dans une compétition reconnue par la FIFA. Un soutif qui porte le bonnet, qui n’a pas de bouchée des Allemandes (5-1).

Ce record est le symbole du développement exponentiel du football féminin en Espagne. Longtemps en retard, les Ibériques ont vu le FC Barcelone retrouver sa superbe et observatrice de l’éclosion du Real Madrid. Sorti en 2019, le Wanda Metropolitano compte plus de 60 000 personnes pour un match entre l’Atlético et le Barça. Des chiffres pas observés dans l’hexagone, plus difficilement comparables.

“Ce n’est pas le même lien avec le sport qu’en France. Le supportérisme est beaucoup plus large, ancré dans les mœurs et les familles. La façon d’aller voir les matchs n’est pas la même”

carola gomez

à franceinfo : sport

Les liens forts qu’unissent les supporters à leur club ont commencé tout de même à se développer en France, concernant les sections féminines. L’association Lyon 1950 du virage Sud de l’OL ainsi ouvertement affiché son soutien aux Fenottes dans les tribunes du match aller. Idem pour le collectif Ultras Paris, qui a assisté à plusieurs matchs de la section féminine. Une tendance qui s’est développée en France plus qu’elle ne l’est, à Lyon comme à Paris, inscrite dans un mouvement de protestation contre la dégradation des performances de l’équipe masculine.

La bataille des stades semble, elle, avoir été gagnée. Lors des quarts de finale, sept des huit rencontres se disputent les principaux événements des clubs concernés. Séoul et le Real Madrid ne sont pas les quarts de finale au stade Santiago Bernabeu, mais les préférés sont le stade Alfredo Di Stefano. Encore un autre signe de développement pour les stades, la finale se jouera au Juventus Stadium, qui pourrait attirer plus de 40 000 spectateurs, bien plus de 18 000 places à Göteborg plus tôt.

“Les gens viennent si vous les faites venir de la bonne manière”un commentaire d’Ada Hegerberg dans une interview sur Magazine L’Equipe. L’attaquante norvégienne s’est également réjouie de jouer au Parc des Princes le match retour. Pour la même affiche en huitièmes de finale de Coupe de France, le PSG avait opté pour le Camp des Loges, provoquant l’incompréhension de certaines joueuses.

Des centres d’entraînement plutôt que des stades, un choix au coeur des critiques à l’aube du prochain Euro, organisé en Angleterre cet été. Trois coïncide avec plusieurs disputes au Manchester City Academy Stadium. “Le football féminin fait deux pas dans la bonne direction, mais des choisit comme celles-ci se produit et vous reculez d’un pas”avait réagi, sur le podcast The Pitch, l’Islandaise Sara Gunnarsdottir, qui devra jouer deux matchs de poule sur ces terrains. “Le message symbolique est catastrophique et d’un point de vue Technique, il n’y a qu’une caméra centrale, ce qui ne rend pas le match agréable à voir”, explique Carole Gomez.

Un problème également observé en championnat de France où beaucoup de sections féminines se retrouvent sur les d’entraînement et ne bénéficient pas d’une bonne réalisation. Un manque de visibilité qui se traduit aussi en diffusion. La demi-finale franco-française de la Ligue des champions ne sera pas diffusée à la télévision, mais aussi directement sur YouTube par DAZN. Preuve, s’il en fallait encore une, qu’il reste du chemin à parcourir.

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