le derby de Berlin, lutte des classes du football moderne

De l’histoire aux résultats sportifs, tout sur le Hertha Berlin et l’Union Berlin, les deux voisins qui ne s’étaient jamais affrontés avant la chute du Mur.

Chose rare en Bundesliga, ni le Bayern ni Dortmund n’apparaissent au programme du topspiel (choc) de la journée. Au lieu de cela, c’est un derby bouillant qui fera figure d’affiche de la 29e journée du championnat d’Allemagne. Au Stade Olympique de Berlin, le Hertha Berlin accueillera l’Union en clôture des matchs de samedi (18h30), pour un duel qui fait toujours autant salive la capitale allemande après la première du mont dans l’élite de l ‘Syndicat en 2019.

«La semaine de derby, c’est toujours spécial, en envoyé beaucoup d’excitation dans la ville. Elle en a besoin, elle veut ce derby, comme nous les joueurs», s’enthousiasme Christopher Trimmel, le capitaine de l’Union, auprès de Botteur . Promu voilà bientôt trois ans dans l’élite, l’Union a permis à la ville de se passionner à nouveau pour le football, alors que le Hertha BSC était progressivement délaissé par l’engouement populaire, la faute notamment à des résultats en berne.

Des représentations qui ont débuté à l’Olympiastadion de faire salle comble samedi, alors que seules quelques places isolées restent disponibles à la vente, à plus 90 euros la pièce. Signe donc de l’engouement autour du «Berlin-Derby», ou Haupstadtderby in VO (derby de la capitale), I dont la rareté, aux antipodes des multiples derbys de London (seulement la 11moi affrontement entre deux équipes de Berlin), en gardant la dimension événementielle.

Premier match quelques semaines après la chute du Mur

Pourtant, la plupart des acteurs concernés expliquent que cette nouvelle rivalité est avant tout façonnée par les médias. Même ainsi, haine haine n’est aucune entre les supporters des deux camps, en aucun cas comparable à avec ceux d’Arsenal et Tottenham, ou entre Lyonnais et Stéphanois. Tout l’inverse même, pour deux clubs qu’ont dû attendre la chute du Mur de Berlin en 1989 pour pouvoir enfin croiser le fer. «Les supporters se prenaient dans les bras et célébraient», se souvient sur le site de la liga Sven Kretschmer, L’ancien attaquant du Hertha Berlin qui était présent lors du premier match entre les deux équipes, qui quelques semaines après la victoire du Mur, le 27 janvier 1990. Plus de 50 000 personnes étaient massées dans les tribunes du Stade Olympique pour assister à la victoire du symbole de l’Union (2-1) devant les deux équipes n’aillent dîner ensemble.

C’est un derby, synonyme de rivalité et de lutte des classes du football

Dirk Zingler, président de l’Union de Berlin

A premier match amical avant d’autres, les deux équipes attendant donc jusqu’en 2019 pour s’affronter dans l’élite, l’année du 30moi anniversaire de la Chute du Mur. Pour le symbole encore, Hertha BSC imagine la première de la Bundesliga le 9 novembre 2019, 30 ans jour pour jour après la fin de la division entre Berlin Est et Ouest. De plus le président de l’Union refuse : «C’est un derby, c’est synonyme de rivalité, de division et de lutte des classes du football».

Le match sera avancé d’une semaine (2 novembre) et l’Union informe cette «lutte des classes» sur la plus petite des marges (1-0). Une lutte symbolisée par deux équipes au modèle économique aux antipodes l’un de l’autre. A un moment donné, un BSC Hertha subitement stoppé en partie par le millionnaire Lars Windhorst (qui a injecté plus de 400 millions d’euros après 2019), d’un autre management prudent et d’importants supporters. Ces mêmes supporters qu’ont sauvé le club de la banqueroute en 2008 en organisant la campagne « Saignez pour l’Union », en se rendant dans les centres de don du sang (rémunéré en Allemagne) avant de inverser leurs gains à leur club.

Dernier Derby avant au moins un an ?

Une passion publique qui enflamme dès qu’il le peut l’atypique An der Alten Forsterei, cet antre de 22 000 places pour les trois quarts debout, à l’exacte oposée de l’Olympiastadion et nichée au beau milieu de la forêt Köpenick. Un quartier reculé à l’Est longtemps réservé à la classe ouvrière qui fait le sel du public de l’Union, dont le rouge est l’invariable couleur. Mais il serait à l’évidence réductrice de résumer ce derby à une lutte entre Berlin Ouest et Berlin Est, à la fois des équipes bien connues et un parcours si différent.

De leur histoire… à leur trajectoire. Ainsi, la simple conférence de classement suffit à déterminer la faveur entre Hertha, relégable (17moi) et son voisin de l’Est, toujours en Course pour les place européennes (7moi). Une qualification qui sera la plus récente au classement après la découverte de la nouvelle Ligue Europa Conférence (C4, éliminée en poules), deux saisons seulement après l’accession historique en Bundesliga. En face, les millions dépensés par le grand club de la ville sont insultants pour le dynamisme attendu d’un club qui se rapproche doucement du bas du tableau. Toujours classé au-delà de la 10moi Place après cinq saisons, Hertha flirte dangereusement avec une première relégation depuis 2012 (remonté l’année suivante).

Et une troisième déconvenue en autant de rencontres contre le voisin cette saison plongerait un peu plus la bande au revenant Felix Magath dans le doute. «Bougez-vous, c’est uniquement de votre faute si vous en êtes arrivés là», selon le technicien de 68 ans à l’entraînement cette semaine, selon des propos rapportés par la presse allemande. Je suis arrivé en tant que pompier de service mi-mars, l’ancien entraîneur du Bayern connaît l’urgence de la situation. Et le risque d’absence de derby l’an prochain. «Les derbies, c’est aussi le sel de notre sport, il manquerait quelque choseassure Urs Fischer, fils homologue de l’Union. Ce serait dommage.» Surtout après trois ans d’existence.

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