Football : Humeur : Quand Manchester City est devenu une équipe de 5e ligue

Piégés par le Real, les Citizens ont laissé filer le billet de finale qu’ils détenaient déjà. En connaissant à leur tour un scénario que l’on voit plutôt surgir dans les séries inférieures. Et qui ne devrait pourtant jamais arriver…

Pep Guardiola console Phil Foden après le coup de sifflet final. L’élimination est dure pour Manchester City, qui s’est qualifié pour la finale à la 89e minute, après avoir mené 1-0 après un match annoncé à 4-3.

Images d’action via Reuters

Chez nous aussi, on sait bien que cela ne doit pas recevoir il semble que l’on n’arrête pas de le répéter week-end après week-end. De l’entraîneur aux remplaçants en passant par le préposé à la buvette, tout le monde s’accorde à le dire… Mais, malgré toutes les recommandations d’usage, cela atteint quand même en 4e ou en 5e ligue, parfois même plus haut dans la pyramide des catégories de jeu.

Chacun peut raconter le souvenir de l’incroyablement renversement d’une équipe inscrivant deux buts dans les dernières secondes alors qu’elle était encore prononcée 1-0 sur sa pelouse quelques plus tot. Ce n’est pas fréquent mais cela peut être récepteur. Et lorsque cela se produit, loue autant le personnage de l’équipe qui n’a jamais lâché, y ayant cru jusqu’au bout, que l’on stigmatise le manque de concentration des défenseurs adverses, têtes en l’air au point de ne plus savoir pourquoi ils sont là.

Mais ce que l’on voit généralement plutôt sur nos terrains de campagne, le plus souvent devant quelques éparpillées, est arrivé mercredi soir en mondovision à Madrid sur la pelouse de Bernabeu en demi-finale retour de la Ligue des champions. Un incroyable dénouement, à la mesure de ce qui est double affronement de folie (3-4, 3-1 ap).

Dans le rôle de la victime (pour le moins consentant), a Manchester City estimant avoir déjà posé 9 orteils – et peut-être même les deux pieds – au Stade de France, théâtre de la finale du 28 mai. C’était oublier, erreur fatale, qu’en face, il y avait ce Real capa de tout, y compris de rendre possible l’impossible, ce dont la Maison-Blanche a fait sa spécialité. Après avoir affronté le PSG en quart de finale et Chelsea en demi, les Merengue ont remis le couvert face aux Citizens, qui se sont retrouvés piégés comme l’aurait été une 5e ligue vaudoise alors qu’ils n’en avaient juste pas le droit.

Intensité dramatique

Tous les coachs du monde vous le diront : se prendre deux buts à la 90e, en moins de temps qu’il n’en faut pour les encaisser, ne devrait pourtant jamais arriver, encore moins dans ces circonstances-là. Plus les stars de City ont commis le pêche d’orgueil et des erreurs habituellement attribuées aux footballeurs du dimanche matin. A trop vouloir jouer à tout prix au point de galvauder le 2-0 de la sécurité à moreieurs reprises, les Citizens, convaincus à tort que rien ne pouvait les détourner du but, en ont oublié de gérer correctement l’acquis.

Service pour la performance hors-norme de Courtois et de son soulier de géant sur l’arrêt capital de la 87e minute, l’incroyable exploit nous a renvoyés à nore condition d’amateurs d’émotions séoul ​​le sport sait offfrir dans une intensité apparemment spectaculaire. C’est sans doute là la beauté universelle du football, qui s’impose autant lors d’une grandiose demi-finale des séries Champions qu’en inférieures. Quand l’irrationnel s’invite jusqu’à proposer un élévateur émotionnel hors du commun.

«Je ne me croyais pas en finale, nous en étions proches. Mais ils savent écrire l’histoire, il faut les féliciter»

Pep Guardiola, entraîneur de Manchester City

Ce sera donc le paradis parisien – et de délicieuses retrouvailles avec Liverpool – pour le Real. Le malade et le curé pour City, trouvé moyen de transformer un succès que l’on serait accordé à qualifier de mérite en couac indigne parce qu’inadmissible. Demeuré très digne dans la défaite, Pep Guardiola n’allait pas chercher d’excuses ni faux-fuyants en rendant hommage aux vainqueurs. « Je ne croyais pas en finale, nous en étions proches, devait-il s’accorder devant les médias. Mais ils savent écrire l’histoire, il faut les féliciter… » Et le manager des céleste de lâcher cet aveu résonnant comme une sanction définitive. «Ensuite, il y a eu ces deux minutes…» 120 secondes d’un black-out total.

La classe des perdants renvoyait au bonheur contagieux des finalistes. La magie du foot comme elle peut être vécue là-bas et ici, à Madrid comme à Tolochenaz, Puidoux-Chexbres ou Gimel.

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