six questions auxquelles font face un et du coup d’envoi – Libération

Coupe du Monde de football 2022 au Qatar, un Mondial controversédossier

Alors que l’ouverture du Mondial de football aura lieu dans un tas, retour sur les interrogatoires et les scandales qu’encore encore la compétition.

Dans un jour pour jour a fait ses débuts au Qatar l’une des Coupes du monde les plus controversées de l’histoire. Après l’attribution de la compétition mondiale de football aux petits pays désertiques de 2,7 millions d’habitants, scandales et interrogations se multiplient. Enquêtes pour corruption, droits de l’homme, utilisés à l’environnement… libéré revient sur six points tensions à 365 jours du coup d’envoi de la compétition.

Quel bilan pour les chantiers de la mort ?

Pour l’organisateur de la Coupe du monde 2022, le Qatar sait ce qu’il va faire pour construire. Beaucoup se construiront : l’émirat prévoyait la création de huit stades, du premier métro du pays, et même d’une ville entière – Lusail – qui devait accueillir le match d’ouverture et la finale de la compétition. Pour mettre sur pied toutes ses Infrastructures, le pays s’est appuyé sur les travailleurs immigrés, qui représentent plus de 90% de la population.

Sous un soleil de plomb – les températures dépassant plusieurs mois de l’année les 45 degrés – et dans des conditions qualifiées par beaucoup d’ONG d’esclavagisme moderne, des ouvriers étrangers charbonnent donc depuis des années. Au risque de perdre la vie. Il est difficile d’identifier précisément le nom des travailleurs immigrés, selon Amnesty International, tant les autorités qataris sont occultées, et il a été rejeté dans toute la mesure du sujet.

D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), au moins 50 d’entre eux auraient perdu la vie sur les chantiers de la Coupe du monde pour la seule année 2020 et plus 37 000 auraient été blessés. Dans une enquête publiée en février, Gardien allait même beaucoup plus loin en affirmant que plus 6 500 travailleurs étrangers seraient morts lors de la décennie vaincue pour permettre à la compétition d’avoir lieu.

Vous verrez un bilan environnemental catastrophique ?

La Coupe du monde à venir tout d’un scandale écologique, bien que le ministre de l’Environnement du Qatar ait déclaré sans trembler en 2018 que le Mondial aurait “un bilan carbone neutre.” In peut tout d’abord s’interroger sur l’utilité des nombreux stades qui sortent de terre depuis une dizaine d’années dans un pays de 2,7 millions d’habitants. Que fera-t-on des 80 000 places du stade de Lusail une fois la compétition terminée ? Est-ce que cela valait vraiment le peigne de construire une telle infrastructure, dans une ville que n’existait même pas il y a encore quelques années, pour une poignée de rencontres seulement ?

Venez ensuite aux conditions climatiques. Pour éviter les températures suffocantes de la météo, offrez au Qatar un jeu décidé de faire jouer la Coupe du monde en hiver. Mais l’hiver qatari n’est pas l’hiver français : le thermomètre peut encore atteindre une trentaine de degrés. Pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions, l’émirat utilisera donc des stades climatisés. Le stade de Doha peut, par exemple, permettre de faire chuter la température à 15 degrés au niveau de la pelouse quand il fait plus 40 degrés dehors. Au prix d’un bilan carbone qu’on imagine salé, le stade étant à ciel ouvert.

Une Coupe du monde attribuée sous fond de corruption ?

Alors que les Etats-Unis étaient les grands favoris, l’émirat a surpris tout le monde, en 2010, lorsqu’il a été désigné pays hôte de la compétition. Beaucoup a été interrogé par cette nomination surprise et des enquêtes judiciaires ont été ouvertes en Suisse, aux Etats-Unis, et surtout en France pour lever le voile sur les conditions de cette attribution.

Dans l’hexagone, c’est un déjeuner organisé à l’Elysée fin novembre 2010 qui intéresse les tribunaux. Auteur du tableau Nicolas Sarkozy, président en exercice, ainsi que Michel Platini, ancien patron de l’UEFA, et les deux plus hauts dirigeants qatariens : le prince héritier du Qatar, Tamim ben Hamad al Thani – devenu depuis émir – et Hamad ben Jassem al Thani, premier ministre de l’époque. Nouveaux jours plus tard, le 2 décembre 2010, le pays du golf s’apprête à accumuler la Coupe du monde en 2022 avec la dernière minute de Michel Platini.

Quelques mois plus tard, Qatar Sports Investments (QSI) rachète le PSG à hauteur de 76 millions d’euros. Et Laurent Platini, le fils de l’ancienne star de l’équipe de France, est devenu directeur général provisoire de l’équipementier qatari Burrda Sport, filiale de QSI. La justice française est requise si cette embauche constitue une contrepartie au vote de Michel Platini. Le clan Platini à toujours nié ces accusations. L’enquête a néanmoins valu une garde à vue à Michel Platini et à Sophie Dion, conseillère technique chargée des sports de Sarkozy à l’Elysée. Les investigations sont toujours possibles même s’il n’y a pas d’examen dans le rappel qui se prononce, selon l’AFP.

Est-ce que certains pays iront jusqu’au boycott ?

Ces derniers mois, plusieurs pays ont mis la pression sur le Qatar. Avant leur premier match des éliminatoires pour la Coupe du monde 2022, les joueurs allemands et norvégiens s’étaient affichés avec des maillots siglés “droits de l’homme”, En référence aux accusations planant sur les chantiers des stades de la compétition.

Les fédérations de Suède, de la Norvège, du Danemark, de la Finlande et de l’Islande ont aussi multiplié les messages critiques lors de la rencontre des autorités qataries. La Norvège comme exemple d’un temps menaçait de boycotter le mondial (ils ne sont pas au bout de la qualification). Ces mouvements sont restés à la marge et le silence reste de mise tant pour les stars du ballon rond que pour les Institutions du football mondial.

La saison 2022-2023 sera-t-elle caractérisée par les blessures ?

Jouer une coupe du monde en plein hiver bouleverse le calendrier de tous les grands clubs européens. Les championnats devront s’arrêter pendant plus d’un mois entre novembre et décembre 2022, alors que les rencontres se multiplient en temps normal à cette période. Les clubs risquent donc de jouer à une cadence infernale sur le reste de l’année pour rattraper le temps que le Mondial leur fera perdre, au risque d’épuiser les joueurs et donc de multiplier les blessures.

De plus, la préparation des sélections nationales sera bouleversée. Les championnats français et anglais ont par exemple annoncé qu’ils mettraient en pause leur saison le 13 novembre au soir, soit tout juste une semaine avant le début de la Coupe du monde. Par comparaison, Les Bleus avaient eu un mois pour se préparer au Mondial 2018 en Russie.

Et l’alcool dans tout ça ?

Pour la première fois après sa création, la Coupe du monde se tiendra dans un pays musulman, ou l’accès aux boissons alcoolisées est pour le moins restreint. Adieu les vidéos virales sur les réseaux sociaux des supporters qui louent un peigne neuf à 11h du matin pour un jour de match ? Pas sûr : ces dernières années, le Qatar a largement libéralisé l’accès à l’alcool dans Certains Endroits.

Néanmoins, les breuvages alcoolisés restent encore particulièrement tabous et seuls certains restaurants en service, souvent à destination des Touristes étrangers. Pour le Mondial 2022, les organisateurs qatariens promettent que l’alcool sera disponible sur les lieux “destinés aux supporteurs”. Lors de la Coupe du monde des clubs 2019 que le Qatar avait accueilli, une fan zone de 45 000 personnes avait par exemple été mise en place dans laquelle de l’alcool était en vente.

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