Coupe du monde 2022 | « Ça me remplit de ferté »

Deux joueurs de l’équipe canadienne de 1986 ont un look sur celle de 2022

Publié le 4 février

Jean-François Téotonio

Jean-François Téotonio
La presse

« Ils ont une assurance que je n’ai pas vu chez une équipe canadienne depuis 1986. »

Paul Dolan dit quoi il parle : il était gardien de la sélection canadienne de soccer qui a disputé la Coupe du monde au Mexique, cette année-là. Il avait notamment permis à son équipe d’avoir en échec la puissante France, championne d’Europe, jusqu’à la 79moi minute. Le Canada a finalement perdu 1-0 dans son premier match, défaite honorable dans celui-ci.

L’équipe de 1986 est la première équipe du Canada – et le reste de la nuit – qui sera qualifiée pour une Coupe du monde.

Jusqu’à celle dont il est question lors de cet appel téléphonique avec La presse. Le groupe actuel dans le rappel a confirmé qu’il est facturé par le Qatar en novembre prochain, plus que jamais cette fois : après 11 matches sur 14, le Canada est le premier ministre de l’octogone de la CONCACAF. Il est toujours invaincu. Et joue avec une «confiance» et une «fraternité» qui, selon Paul Dolan, a comparu devant le tribunal en 1986.

« C’est une équipe plus talentueuse joueur pour joueur, accorde l’analyste des matchs des Whitecaps de Vancouver pour TSN. Mais ça prend aussi un groupe d’individus qui est sur la même longueur d’onde. C’est ce qu’on avait en 1986, avec l’excellent entreîneur Tony Waiters. Et c’est ce qu’on voit maintenant. Tout le monde a cette cohésion et travaille pour le même but. »

Cette foi et cette confiance les uns envers les autres, sur le terrain comme en dehors, sont en train de porter leurs fruits.

Paul Dolan

L’attaquant Dale Mitchell et était aussi, à cette Coupe du monde. Il avait marqué quatre buts en qualifications. Et avait été titulaire pour le dernier de trois au Mexique, contre l’Union soviétique.

Pour lui, cette équipe de 2022 est délimitée par le «profondeur de son effectif». Le bassin de joueurs disponible pour le sélectionneur Tony Waiters était pas mal plus haché à l’époque, dissons.

« Nous devions nous fier à un noyau restreint de joueurs, explique le marqueur de 19 buts avec le Canada, de 1980 à 1993. Lorsqu’il arrive à la dernière phase des qualifications, Tony Waiters est là pour chercher George Pakos. C’est un joueur amateur qui travaille pour la Ville de Victoria. C’est incroyable. Il a marqué des buts cruciaux que nous avons aidés à nous qualifier ! »

“De nos jours, plusieurs joueurs évoluent dans d’excellents environnements”, a ajouté Mitchell, confirmant le fait que le nom d’entre eux joue en MLS ou foule des terrains européens professionnellement.

“Ils conviennent tout ce qui leur arrive”

Ce qui frappe nos deux interlocuteurs avec respect, c’est la manière avec laquelle le Canada conteste – et remporte – ses matchs de qualification. On parle pas ici de quelques bons résultats ici et là contre des équipes qui échouent comme plus faibles : l’équipe du neuro John Herdman bat les États-Unis et le Mexique à la maison, et va chercher des points chez ceux-ci.

“J’adore ça, ça me remplit de fierté”, a répliqué Paul Dolan.

Il a expliqué que pour la qualification en 1986, le Canada avait l’assurance d’obtenir le premier rang de la CONCACAF. Seulement 2 équipes de la région allaient faire partie des 24 Nations invitées, et le Mexique était qualifié d’office.

En septembre 1985, la sélection affrontait le Honduras à Saint John’s, à Terre-Neuve. Le vanqueur irait au Mexique et dispute le Mondial. Le Canada allait s’imposer2-1.

Certains cyniques pourraient avancer qu’il est plus facile aujourd’hui de se qualifier pour le Mondial : les trois premières équipes de la CONCACAF s’y produisent directement, tandis que la quatrième doit passer par des barrages. On et invite maintenant 32 équipes.

De plus après quatre points de progression dans le futur, le Canada domine avec un groupe.

« Ils seront l’équipe numéro 1, ce qui voudra qu’ils soient qualifiés dans n’importe quel format, peu importe le nom des équipes invitées. »

« Et ils satisfont tout ce qui leur arrive, cher Paul Dolan. Ils gagnent intelligemment. Ils gagnent à la dure. Ils gagnent avec de beaux mais et de moins beaux. C’est tout simplement incroyable. C’est un vrai effort collectif. »

Dale Mitchell l’admet: le poste actuel de l’équipe dans l’Octagonale, c’est «encore mieux que prévu».

« Personnellement, j’avais en tête que le simple fait de se rendre dans cette phase finale, c’était bien. Cette équipe allait acquérir l’expérience qu’allait être bénéfique pour la prochaine Coupe du monde. […] Plus visiblement, leurs attentes étaient bien plus hautes que ce à quoi on pouvait espérer. Il faut féliciter le groupe pour ce qu’il a accompli jusqu’à présent. »


PHOTO THOMAS SZLUKOVENYI, ARCHIVES DE LA PRESSE CANADIENNE

Le gardien Tino Lettieri s’apprête à arrêter le ballon redirigé par Sergueï Rodionov lors de la première du match entre le Canada et la Russie, en 1986.

1986, un coup d’épée dans l’eau ?

Dans une interview accordée à FIFA TV en 2014, proposée sur YouTube, l’ancien attaquant canadien Bob Lenarduzzi était déçu qu’aucune vraie jambe n’ait été envoyée du peuple canadien au Mexique.

« La qualification pour notre première Coupe du monde n’a pas vraiment eu l’impact qu’on aurait pu conserver, racontait-il. Toutes ces années plus tard, on n’y est pas retourné. »

Il y a une explication claire, autant selon Paul Dolan que Dale Mitchell.

« La Ligue nord-américaine de soccer (NASL) a cessé ses activités au même moment, note Dolan. Ça voulait dire qu’il n’y avait plus de base professionnelle pour nos jeunes joueurs. Je crois sincèrement que vous les liez qui sont apparues plus tard à la NASL, comme la MLS, ont permis aux jeunes joueurs de se faire valoir. »

Dale Mitchell, aujourd’hui directeur des entreîneurs au Metro-Ford Soccer Club de Coquitlam, à l’est de Vancouver, abonde dans le même sens.

« Je me suis retrouvé à jouer au soccer intérieur pour gagner ma vie, raconte-t-il. Plusieurs d’entre nous ont fait ça. Nous n’avions pas le choix. »

Mitchell est au courant de la “structure” actuelle du soccer au pays. Les équipes MLS, leurs académies ainsi que la Première ligue canadienne (PLC) sont autant de carrières qui n’existent pas à l’époque.

Ce qu’on au Canada maintenant, c’est tellement mieux que ce qu’on avait en 1986.

dale mitchell

« Il y a toujours eu de bons joueurs canadiens actifs, ajoute Paul Dolan, mais il n’y a pas toujours eu cette maison comme la NASL pour qu’ils se développent. »

Les succès actuels sont-ils donc le fruit d’un investissement accumulé de la part de Soccer Canada? Ou alors peut-on simplement créditer une génération de joueurs que répond à l’appel ?

«On a le groupe de joueurs le plus talentueux que nous ayons eu, et on les a tous en même temps», lâche Paul Dolan.

« Au même moment où avec un Alphonso Davies, avec un Tajon Buchanan qui sort de nulle part. Puis à Jonathan David. Puis il ya Cyle Larin qui arrive au collège et qui devient le meilleur marqueur de l’histoire de l’élection en trois ans seulement. Qui aurait cru qu’on verrait ça un jour ? »

Outre un noyau dirigeant fort, à l’instar du capitaine Atiba Hutchinson ou du gardien Milan Borjan, ça donne un groupe soudé qui croit en ses moyens.

Et un pays qui l’encourage comme jamais auparavant.

« Je ne me plaindrai jamais du soutien qu’on a eu, indique Dolan. Ceux qui étaient là étaient bruyants et avaient de la voix. On avait une bonne foule canadienne qui nous suivait au Mexique. Mais c’est à un autre niveau actuellement. »


PHOTO MOISES CASTILLO, ARCHIVES ASSOCIED PRESS

jonathan david

Une équipe qu’en a vu d’autres

Si vous avez confirmé votre classement, avez-vous été intimidé par ceux qui ont été confrontés aux meilleures équipes du monde au Qatar ?

“Pas du tout”, lance Paul Dolan.

« Il n’y a probablement pas d’endroit plus intimidant que l’Azteca, au Mexique. Des équipes européennes vous diraient la même chose. Et ce qu’on a vu de l’équipe canadienne actuelle face au Mexique, c’est qu’elle voulait attaquer et qu’elle ne craignait absolument rien. »

Il souligne également l’absence de « bagage émotionnel » issue d’insuccès passés de la sélection.

«Alphonso Davies a rapporté la Ligue des champions, justifie Paul Dolan. Il a joué contre Messi. Il joue au plus haut niveau et il ne craint rien. Cette confiance se ressent dans toute l’équipe. »

« Sur l’impression qu’il n’y a aucun défi trop grand à surmonter. »

Les étapes

La chaîne fenêtre internationale aura lieu à partir du 24 mars prochain. Chacune des huit équipes de l’Octogonale et dispute trois matchs. Le Canada pourrait confirmer la facture pour le Qatar :

  • s’il gagne contre le Costa Rica le 24 mars, OU…
  • C’était un match nul contre le Costa Rica et le Panama a eu un match nul / perdu face au Honduras, OU…
  • C’est un match nul contre le Costa Rica et que les États-Unis inclinent contre le Panama.

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