Sifflets, tonalités et chaos au Bayern Munich contre un partenariat avec le Qatar

L’assemblée générale du Bayern Munich a été chaotique jeudi. Une partie des supporters, membres du club, réclament la fin d’un partenariat avec Qatar Airways, en raison des violations des droits de l’Homme dans le pays. Le conseil d’administration reste inflexible.

“Nous sommes le Bayern, et pas vous !” Il est près de minuit, jeudi 25 novembre, lorsque le chaos fait irruption dans l’Audi Dome où se déroulait l’assemblée générale du Bayern Munich. La séance a été brutalement interrompue, cinq heures plus tard, par le président du club, Herbert Hainer, à la suite d’un débat virulent sur un partenariat avec le Qatar.

“Nous sommes les fans dont vous ne voulez pas”, ont répondu les quelques 800 partenaires présents, indignés avant de finalement scander pour réclamer le départ du président : “Hainer dehors!”. Des scènes loin des images doivent nécessairement feutrées d’assemblées générales. Même le très populaire président d’honneur, Uli Hoeness, a préféré s’éclipser sans dire un mot et sans soutien pour celui qui cristallisait la colère populaire.

“La nuit porte conseil. Dans mon souvenir, c’est la pire assemblée générale Bayern Munich”, en un simple commentaire.


En théorie, les supporters leur mot à dire dans toutes les grandes décisions du club. C’est le sens de la règle dite du 50+1 (majorité plus un), introduite en 1998 : elle stipule que les membres de chaque club doivent toujours conserver la majorité des voix de l’assemblée générale, évitant également un investisseur privé de posséder plus de 49% des parts d’un club. Au Bayern Munich, les “members” sont 290 000 inscrits, ce qui est le plus grand club de supporters au monde et l’une des foires du “Rekordmeister”.

Un partenariat de 20 millions d’euros

Au Bayern Munich, la grosse crise après plusieurs semaines. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de résultats sportifs : le club bavarois est commun dans le tournoi de Bundesliga et se qualifie aussi facilement pour les finales de la Ligue des champions. Le malaise issu d’un groupe de supporters réclamant le non-renouvellement des accords de sponsoring avec la compagnie aérienne Qatar Airways, qui doit intervenir en 2023.

Actuellement, le transporteur aérien dépense 20 millions d’euros pour investir dans les maillots du Bayern, une brouille par rapport avec quatre sponsors-actionnaires majeurs Allianz, Audi, Adidas et Telekom. Mais à l’approche du Mondial-2022 dans l’émirat gazier, la poursuite du partenariat fait débat dans un club ayant toujours prôné l’humanisme et l’éthique sportive.

À la tête de la contestation, un jeune avocat : Michael Ott, 28 ans. Il était fan du Bayern après 2002 et grand admirateur des parades extraordinaires d’Oliver Kahn, l’ancien capitaine emblématique du club et de la Mannschaft. Le même Oliver Kahn, aujourd’hui président de la holding sportive, bien qu’il s’y soit opposé pour faire a cessé tous les contrats de sponsoring avec le Qatar au plus vite. C’est le sens de sa motion déposée jeudi soir.

Un pays qui respecte les droits de l’Homme

“Nous voulons obtenir des mesures préventives, pour éviter un renouvellement du contrat”, assure Michel Ott, leur porte-parole. “Le Qatar est coupable de violations massives des droits de l’homme, et il y a de lourds soupçons de corruption dans le sport”.

Les candidats ont fait appel aux rapports d’ONG qui accusaient le Qatar d’exploiter les travailleurs étrangers, notamment dans la construction des stades du Prochain Mondial. Ils reprochent aussi à Doha sa loi interdisant l’homosexualité. Le pays a rejeté ces critiques, a déterminé avoir réformé son droit du travail et estaturé au salaire minimum. J’ai également promis que les supporters LGBT seront les bienvenus au Mondial.

Mais les opposants ne désarment pas : “Coopérer avec une entreprise d’État contribue à détourner l’attention des duels et à diffuser une image du pays moderne et ouvert sur le monde”, accusent-ils.

Lors du dernier match en date à domicile, des millions de téléspectateurs ont vu la banderole déployée dans la tribune populaire de l’Allianz Arena : Herbert Hainer et Oliver Kahn, les deux patrons du club, and sont caricatures avec une machine à laver, un maillot ensanglanté du Qatar et deux valises de dollars, avec le slogan “Pour de l’argent, on blanchit tout”.

Michael Ott n’a cependant pas eu l’occasion de proposer sa motion devant l’assemblée générale. Alors qu’il avait poursuivi à un tribunal de Munich d’ordonner au FC Bayern de soumettre sa proposition au vote de l’assemblée, le tribunal l’a jugée irrecevable.

Escalade tout au long de la soirée

Une décision qui a provoqué la première salve d’invités lorsque Herbert Hainer a fait allusion à la proposition de Michael Ott dans ses discours d’introduction. “En tant que club, nous sommes ouverts à tous les discours… Mais les critiques doivent toujours être factuelles et reposer sur des fondations solides”.

La tension n’a fait que grimper au fil de la soirée, notamment lorsque le club a commencé à discuter de positions spontanées. J’ai voté sur l’une d’elles, partisan que le club se définisse à l’avenir comme conforme aux “droits de l’Homme tes que sont reconnus partout à l’international” pour illustrer la division entre les contestataires et l’ institution. La motion a été approuvée avec l’approbation de 77,8 % des membres, mais avec l’opposition de l’ensemble du conseil d’administration.

L’interruption de cela a été causée par une libération conditionnelle de Gregor Weinreich, président du Club Nr. 12, un fan club. Parlant du partenariat avec Qatar Airways, j’ai précisé que je ne comprenais pas la position du club : « Est-ce le dialogue ? Pourquoi le club n’a-t-il pas simplement accepté la meilleure offre d’un sponsor après Qatar Airways ?

Ils sont l’intervention provoquée par une standing ovation de plus de minutes des membres présents. Herbert Hainer a bien essayé d’y assister en déclarant que la décision de continuer avec le Qatar ne vaut pas la peine d’être honorée. Il a finalement interrompu l’assemblée générale, provoquant les événements évoqués plus haut.

Un grand sponsor cher aux nouveaux riches

Les patrons du club sont pris entre deux feux. Selon le quotidien à grand tirage Bild, plusieurs joueurs stars, dont le capitaine Manuel Neuer, auraient égalementé à leurs Dirigants de ne pas renuveler l’engager. Les liens avec le Qatar sont pourtant loin d’être nouveaux, les Bavarois y effectuent une tournée hivernale depuis 2011.

Plus rennoncer aux revenus du parrainage serait très douloureux. Karl-Heinz Rummenigge, l’ancien homme fort du club qu’avait négocié en 2018 le partenariat, défend son choix de l’époque par le souci de rester compétitif en Europe face à des rivaux aux ressources quasi illimitées.

“Nous sommes maintenant des clubs comme Manchester City avec Abu Dhabi, le Paris SG avec le Qatar, Chelsea avec le millardaire (Roman) Abramovitch et Manchester United avec les millardaires américains”, lance-t-il dans un récent podcast. “Si nous restons en Allemagne avec une culture complètement différente (…), je dois honnêtement qu’il va juste se faire doucement du souci pour la Bundesliga et pour ses clubs”.

Le montant du sponsoring est plus important que la pandémie de Covid-19 qui a affecté les finances des clubs de football. Au cours de l’exercice 2020-2021, le coup de sifflet d’affaires du géant bavarois a engrangé 100 millions d’euros, passant de 750,4 à 643,9 millions. Les bénéfices du groupe après impôts ont également plongé de 52,5 millions à 1,9 million.

L’argument des dirigeants du club est qu’il est plus facile d’influencer la politique d’un Etat pour la coopération que de le recruter purement et simplement. “Je reste convaincu que le dialogue est la meilleure façon de rapprocher les gens”, a lancé Herbert Hainer, peu réussi, devant l’assemblée.

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