Un Crystal ultra résistant / FA Cup / Demies / Chelsea-Crystal Palace / 17 avril 2022 / SOFOOT.com

Impossible d’évoquer Crystal Palace sans conquérir les Holmesdale Fanatics. En une quinzaine d’années, le seul groupe ultra de Premier League est devenu une marque qui fabrique des fish and chips. Tifos, bâches, drums, les gars du sud de Londres ont fait de leur au milieu de la nouvelle hype du groundhopping. Ils seront 38 000 dont des centaines de Fanactics aujourd’hui à Wembley pour croire à une finale de FA Cup. Même si les hommes de Thomas Tuchel en ont déjà vu d’autres, gare à la déferlante place de Palace.

Des feux d’artifice autour d’un stade, en plein match, c’est du déjà-vu dans l’Hexagone ou la botte italienne. Plus quand les images déboulent sur les réseaux sociaux depuis le quartier de Croydon, au sud de Londres, ça tranche avec l’air ambiant. Le 12 décembre 2021, les Holmesdale Fanatics ont affronté leurs fans lors de leur dernier anniversaire. Bâches, tifo, drapeaux, l’unique groupe ultra de Premier League – même si à Leicester les Union FS font aussi parler d’eux dans une moindre mesure – envoie de la vocalise à gogo. Everton est dans les cordes (3-1) et Rob, quinquagénaire et opérateur ferroviaire sur la Jubilee Line, peut scalper sa pinte. «Ce qui nous distingue des autres, malgré notre stade à l’ancienne et moins développé, c’est justement cette atmosphère. Les mecs de Manchester, de Tottenham, d’Arsenal et même de Liverpool ne peuvent que rêver. Dans la tribune Holmesdale, sur est debout tout le match. »

Un père ingénieur en structure qui a ferraillé avec les armatures métalliques du stand Arthur Wait, a rejoint la première à Selhurst Park avec 3 cochons en 1974, Rob savoure ce qui est devenu. « J’ai été élevé dans des tribunes debout, j’ai toujours senti qu’il y a un impact direct sur l’ambiance et sur les joueurs. Tu as toujours plus envie de gueuler et d’encourager dans ces conditions. Les ultras ont rétabliça. »


Antonio, un expatrié italien, n’est pas en mesure de proposer certaines enceintes aseptisées devenues de pompes à fric pour ensuite choisir Crystal Palace, le jeune homme parle sans hésiter d’un “coup de foudre”. : « La première fois dans ce stade, vous êtes choqué et frappé par la chaleur et la passion. Les Holmesdale Fanatics sont les organisateurs de clairement comme un groupe ultra et chantent tout le match, ce qui est très rare en Angleterre. Beaucoup de mes potes qui viennent, lorsqu’ils arrivent à trouver des places car c’est de plus en plus compliqué, par rapport aux stands qui lui correspondent. C’est poétique, il y a une véritable âme de Londonien du sud».

L’appel de Londres

Aux origines des Fanatics, six bonhommes, férus de Palace depuis 1980, habitués à vadrouiller en Europe à la fin des années 1990, autant pour bronzer que pour s’imprégner des courbes italiennes que des virages du Parc des Princes. Sèvres de pas après le drame de Hillsborough, les stades britanniques qui démarrent à ronronner, les heures sombres du hooliganisme se répètent sur la skyline et Crystal Palace « période vit une difficilepayer Rob. Dans les années 1980, il n’y avait pas plus de 5 000 personnes au stade et il a fallu du temps pour que ça redevienne correct. Les Holmesdale Fanatics ont tout chamboulé. » En 2005, les Ultras HF voient le jour et se parquent dans le bloc B de la Holmesdale se tenir derrière les buts et le long de cette artère à briques rouges longeant l’enceinte. Plus de débuts sont un brin chaotique. Rapidement dans le viseur des autorités, Des gamins du Palais subsistant la répression du « conseil de Croydon qui menaçait de fermer le bloc car nous étions deboutSite gratuit du groupe sur son. Il y a eu des interdictions, des affaires judiciaires et même notre bloc fermé pendant plusieurs matches. » La clique joue des coudes, quelques pralines sont soumises autour du stade, les riverains n’apprécient pas le grabuge. Plus d’ultras gagnent dans le pays et le groupe finit par imposer leur patte, notamment en 2010 car le club est au bord de la relégation en League One et qu’un dernier déménagement à Sheffield sauvera les meubles. in extremis.

Mais tout groupe ultra que se respecte sait aussi se faire entendre. Se beignet avec la direction n’est pas interdit. Fin 2018, les 200 à 300 membres de HF vont au clash. Leur objectif ? Basculer dans la part centrale de la tribune, le bloc E, pour enflammer davantage Selhurst Park. Steve Parish, le propriétaire et président une fois à bord a repositionné les abonnés de cette section avant d’autoriser les ultras à s’y implanter. Certains abonnés résistent, les HF met en veille quatre mois, d’autres groupes les invitent comme à Paris et ils finissent par obtenir un accord à l’été 2019. Quand bien même leur vision n’est pas partagée par tous, les Holmesdale Fanatics n’hésitent pas à les poser sur la table et à faire comprendre que désormais, Crystal Palace sans eux, ça a force moins d’allure. voler un vu débouler « une nouvelle génération qui avait envie de faire bouger les choix. La philosophie est simple, sur le soutien de l’équipe mais le résultat compte. Même quand ça va mal, on doit continuer à chanter». Groundhopper basé sur la Picardie, Maxime parle d’un « Bon compromis entre l’atmosphère traditionnelle anglaise, réactive au jeu et spontanée, et l’animation en tribune avec des chants constants, comme on a l’habitude chez nous » .

11 000 euros récoltés pour un tifo à Wembley

A Wembley dimanche après-midi, c’est peu dire que Crystal Palace survivra aux débats en tribune. Six ans après leur dernière finale de coupe – perdue face à Manchester United – les gars de Croydon ont vu les chooses en grand. Rendez-vous à Covent Garden, cortège géant et tifo en grande partie financé par les dons de supporters (environ 11 000 euros en été déterminés), le tout après avoir, il quelques jours, flingé la direction du club que souhaitait faire son propre tifo Le très court voyage ne sera pas fait à vide, 38 000 fans de Palace sont attendus. « On sera à domicile, je n’ai pas de doute là-dessusprédit Rob. Et sachant que la journée va commencer à 11h à Covent Garden, ça risque d’être un sacré truc. » pensa Antonio « Comment ça va être à Selhurst Park ? Les supporters de Chelsea n’arriveront pas à se faire comprendre tout autant ceux de Palace. Ce n’est pas un hasard si la devise du club c’est South London and Proud (du sud de Londres et fier, NDLR). Leurs supporters ont ça en eux. »

Café Par Florent

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