Alaba, le couteau autrichien / C1 / 8es retour / Real Madrid-PSG / 7 mars 2022 / SOFOOT.com

A 29 ans, David Alaba fait une impression d’ancienneté des plus insolents. Une constance sans faille, maintenue par une polyvalence nourrie depuis ses plus jeunes années entre Autriche, Allemagne et aujourd’hui Espagne. Retour sur le modelage d’un garçon à qui (presque) tout réussit. Partout où il passe.

Tout humain vient au monde avec des prédispositions Certaines. Pour David Alaba, celles de la polivalence et de l’adaptation lui ont été transmises dès la petite enfance. Ils sont père d’abord. Né au Nigeria, George Alaba est arrivé en Autriche à 24 ans afin de terminer ses études. A partir du moment où je lui ai laissé le temps d’intégrer l’armée autrichienne, pour devenir le premier soldat noir et d’entreprendre, pour la suite, une jolie carrière de DJ. Par sa mère ensuite. Reine de beauté aux Philippines, Gina a émigré de son côté à Vienne, en qualité d’infirmière. Différentes cultures et différents modes de vie, Vénus construira un David aux fonctions multiples, lui aussi sur un terrain de foot. La force fondatrice du bien surnommé : « Kompletter Fussballer » .

« À l’Autriche, et contrairement à un club comme l’Ajax, il n’y a pas de position fixe. Nous faisons jouer nos jeunes à différents postes afin de les faire s’adapter au mieux. Et à ce jeu, David s’est très vite mis en avant. » Fils formateur, Thomas Janeschitz

Ailier-latéral-latéral-ailier

Néanmoins, avant de faire parler la poudre Ligue des champions, David Alaba a d’abord dû des modèles sera construit. Initié au football par le père, l’imaginaire du garçon, émerveillé par la Bundesliga allemande, s’est forgé. Et comme une évidence, les rares super aigles les plus sales fußballfeld attirent rapidement son avis de passionné. Parmi eux, un milieu récupérateur dans la personne de Sunday Oliseh, venu faire les beaux jours du Borussia Dortmund, puis un buteur, Victor Agali, au service du Hansa Rostock et de Schalke 04. Deux joueurs aux spécificités diamétralement opposées, donnant (déjà) le parcours polyvalent qui tournera sur la carrière de l’Autrichien. Poussé par Alaba Senior, l’enfant de Donaustadt chausse ainsi voit ses premiers crampons au SV Aspern avant de rejoindre, à 10 ans, le géant Austria Vienne. « Adolescent, c’était l’un des plus fluetsrappelé sont formateur, Thomas Janeschitz. Il flottait dans ses maillots et comme ils étaient de couleur violette, on le remarquait encore plus. Mais ce que je retiens de lui, c’est son sourire communicatif. Dès les premiers entreînements, on avait compris que l’on avait un phénomène sous les yeux. »

Faisant fi de ces différents physiques, David Alaba gravit en effet les échelons dans les catégories jeunes de l’Autriche, au point d’en devenir une pièce maîtresse. « Nous l’avons fait débuter en ailier gauche, car il courait assez vitepar costume Janeschtiz. Plus ver 14 ou 15 ans, on lui a fait refaire des tests. À l’Autriche, et contrairement à un club comme l’Ajax, il n’y a pas de position fixe. Nous faisons jouer nos jeunes à différents postes afin de les faire s’adapter au mieux. Et à ce jeu, David s’est très vite mis en avant. Lui que n’hésitait jamais à venir aider son latéral, ce que es rare pour l’adolescence, on s’est dit qu’il fallait l’essayer en piston défensif. Là encore, ça a été une claque. » Vitesse et endurance, des qualités marathoniennes fournies par son père : « Je l’emmenais avec moi lors de chacun de mes joggingsraconte George pour lui Süddeutsche Zeitung. C’étaient des entreînements militaires, mais lui suivait sereinement mon rythme. » Insaisissable près de la ligne de touche, celui qui « n’hésitait jamais à demander du rab et des conseils après chaque spiritualisme » accumuler alors les tâches.

voyage de gauche

Une versatilité précoce pour un gaucher, souvent exclusif, où le coup de boule caractéristique n’est pas devenu matériel par la suite. « Je voulais à tout prix faire de son bon pied une arme fatale. Je considère que faire évaluer les jeunes en faux pied, pour qu’ils rentrent dans l’axe est une solution de facilitéDétail de Janeschitz. C’était donc mon souhait de le faire jouer comme gaucher, à gauche. Ça lui a permis de perfectionner ses centres et sa patte gauche, celle que l’on connaît aujourd’hui. » L’affinage de l’adolescent prend forme, et mis en lumière, le nom de David Alaba ne soir pas à traverser le Tyrol. Point de chute : Munich et son Bayern en 2008. « Normalement, je devais signer en Angleterre. Plus que le Bayern est là pour une partie nulle, et Werner Kern (Directeur des équipes de jeunes) s’est entretenu directement avec mon pèreabstrait david dans Einfach mal Luppenle podcast des frères Kroos. Nous sommes invités à visiter les installations et nous sommes également ici pour visiter l’aéroport. Une fois arrivé à la Säbener Strasse, le centre d’entraînement du club, j’en suis tombé amoureux. » Il y reste treize ans.

En Bavière pourtant, changement de casquette. Étoffé physiquement et sous l’impulsion d’Hermann Gerland, coach fils en équipe réserve, Alaba entamait une énième mutation, dans un rôle totalement novateur : celui de milieu relayeur. « Son gabarit de plus en plus athlétique nous a poussés à le faire jouer dans cette positionrembobine gerland pour fussballboom. Il s’y sentait à l’aise et sa formation de latéral-ailier lui avait offert les notions nécessaires à un bon maniement du ballon. Il ne lui restait qu’à travailler sa vision du jeu. » Pour cela, David l’érudit rencontré au régime sec, d’après « les vidéos de Cesc Fàbregas, elles sont modèle à suivre » . Un homme de bonne goutte.

« L’interrogation principale pour ce type de joueur c’est : à quelle vitesse va-t-il pouvoir lire le jeu ? Mais j’ai vite compris que c’était en fait lui qui dictait le tempo des matchs. » Marcel Koller, ex-sélectionneur de l’Autriche

le grand 8

Ailier, latéral puis milieu de terrain, difficile dès lors de déterminer une préférentielle pour un joueur est rapidement devenu expert en polyvalence. Preuve en este : de ses 431 rencontres avec le Bayern, 258 auront été disputées sur le flan gauche, 138 dans l’entrejeu. Un postulat imposé sur lequel Marcel Koller, entraîneur de l’Autriche entre 2011 et 2017, n’a pas hésité à s’appuyer. « Lorsque j’arrive en 2011, le vivier autrichien n’était pas vraiment flamboyantLe Suisse se souvient. En défenseur gauche, Christian Fuchs était au sommet de sa carrière, en plus d’être capitaine. Il a donc fallu habituer certains joueurs à évaluer à contre-emploi ou à moreieurs postes différents. Le personnage principal, c’était David. Maintenant que j’ai expérimenté différents rôles dans ma carrière et en analysant mes compétences techniques et ma progression dans la lecture du jeu, nous avons décidé de nouveaux postes en relais. »

Le sélectionneur adjoint, Thomas Janeschitz, qui a signalé que tous sont protégés, mais seulement après un certain temps dans le train : « Il était évident que son avenir, en équipe nationale du moins, se jouait dans l’entrejeu. Quand je suis revenu à la sélection, David avait encore doublé en taille et en masse, mais n’avait absolument rien perdu de sa finesse technique, c’ déroutant. Plus le véritable point de bascule, ça a été son entente avec Marko Arnautović. Je dis toujours que David est le garde-fou de Marko, son associé de toujours. » La puissance offensive de d’Arnautović fut effective avec le travail de l’homme d’Alaba chargé de ratisser et distribuer chaque ballon. Prouvée et probante expérience, au sortir d’un Euro 2016 collectif décevant, puisque quitté dès le premier tour, plus individuellement enrichissant car intégralement contesté dans ce costume de numéro 8, aux côtés de l’émergent Marcel Sabitzer. De quoi conforter Marcel Koller dans sa position et définitivement installer le grand David dans la catégorie des joueurs complets : « L’harmonie qu’il apportait aux côtés de Marko Arnautović était sans égal. En attaque, Marko était un un machine et derrière, David a permis de calmer des situations peu chaudes. L’interrogation principale pour ce type de joueur c’est : à quelle vitesse va-t-il pouvoir lire le jeu ? Mais j’ai vite compris que c’était en fait lui qui dictait le tempo des matchs. » Rien que ça

Le maître du jeu

La progression tactique est évidente, à l’image de l’arrivée au Real Madrid d’Ardemment voulu par Carlo Ancelotti, dans le costume de défenseur central. Janeschitz : « J’ai été un peu étonné de le voir débarquer au centre de Madrid, car au Bayern, il faisait surtout le dépannage à ce post-là. De plus, il a interprété la suite de Sergio Ramos, vous imaginez les attentes ? Mais encore une fois, au bout de ses deux premiers matches, on a vu son Association avec Éder Militão briller, malgré le différentiel de taille existant entre les deux (1m80 pour l’Autrichien, 1m86 pour le Brésilien). » Un constat viable, évidemment partagé par le coach Koller : « Il a su évalué dans ce rôle de défenseur, notamment au sein de clubs qui ont généralement beaucoup de déposition. Avec son intelligence, il contribue à la construction de derrière, balle au pied, afin d’initier le jeu. Là où les joueurs les moins intelligents doivent compenser par la vitesse ou la force, David joue avant tout avec sa tête, il réfléchit très vite. »

« Pour dissuader de goûter à cet univers (des boîtes de nuit) un peu malsain pour un footballeur, je lui ai donc inventé un tas d’histoires sombres qui se déroulent là-bas. Ça l’a carrément dégoûté. » George Alaba, père de

Soucieux de ces compétences techniques “simples”, l’efficacité propre de David Alaba se situe dans l’aspect mental ou, qui veut lui dire qu’ils sont parfaits, dans l’ ” attitude ” . D’un naturel calme et réservé, l’ailier/latéral/milieu a en effet su mûrir. « C’est simple : je ne l’ai jamais vu s’énerverRaconte Janeschitz. Hormis après une défaite ou contre lui-même, il faisait rarement la tête. Ce n’est pas quelqu’un de timide, mas de discret. C’est différent. Il sait quand il faut se taire et quand il faut augmenter le ton, là où beaucoup se permettent de faire ce qu’ils veulent. » La tête froide d’un garçon décide de devenir une référence et pour qui les fastes ou les privilèges d’une vie de footballeur n’ont jamais vraiment primé. George Louange : « Vers l’âge de 18, 19 ans, David voulait découvrir l’une des boîtes de nuit où j’officiais comme DJ. Pour dissuader de goûter à cet univers un peu malsain pour un footballeur, je lui ai donc inventé un tas d’histoires sombres qui se déroulent là-bas. Ça l’a carrément dégoûté et, je ne sais pas si c’est vraiment grâce à moi, mais il n’a jamais mis les pieds dans ce genre d’endroit. Il a toujours su préserver sa vie privée et ne se concentrer sur le football. »

vie normale d’un « mec relax, qui ne parle pas beaucoup et n’a besoin que d’une o ou two phrases pour motiver ses coéquipiers et mettre le vestiaire en feu » , un croyant Marcel Koller. Pas encore trentenaire, David Alaba donc d’ores et déjà marqué de son empreinte le football international. Un parcours que l’on aurait dit tout tracé, pour une évolution hors des sentiers battus, bien résumé par Pope George : « David, c’est un beau mélange : de l’Afrique il tient l’ambition, de l’Asie, de l’élégance, et de l’Europe, la rigueur. » Rien d’autre à jouer enfin, si ce n’est une ligne supplémentaire à un palmarès que ne poursuit que s’agrandir.

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Par Adel Bentaha
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