les stades les matchs de foot confrontent au racisme

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Pour la troisième journée de la Ligue Europa, l’Olympique lyonnais s’est déplacé jeudi en République tchèque pour affronter le Sparta Prague, un club qui n’a pas fini plus d’être pointé du doigt en raison d’incidents racistes. Les instances sportives locales font preuve d’immobilisme sur le sujet.

Le racisme est loin d’être éradiqué des stades. Dans celui du Sparta Prague, adversaire le 21 octobre de l’Olympique lyonnais en Ligue Europa, est encore bien présent. Le club de la capitale de la République tchèque n’en finit pas d’être pointé du doigt pour le racisme de ses supporters, un mal que gangrène le football check de longue date.

Hier soir, le Sparta reçoit l’AS Monaco en qualifications pour la Ligue des champions. Quand le Français Aurélien Tchouaméni a marqué, enterré les espoirs du club tchèque de jouer la C1, des cris de singe sont éléves de tribunes.

Le Sparta est alors vu imposant par l’UEFA de jouer son prochain match de Ligue Europa, face aux Glasgow Rangers, à huis clos.

Ondrej Kasik, porte-parole du Sparta, a déclaré à l’AFP que le club avait “priscières mesures punitives visant des insuffisants (…) ne pas uneplainte au pénal” après le match contre Monaco.

systèmes d’incidents

Si le club a aussi envoyé une lettre d’excuses à Aurélien Tchouaméni, il n’a pas voulu mettre fin au racisme devant les tribunaux. Un mois plus tard, les supporters du Sparte ont entonné les chants racistes contre les jeunes noirs du club local du Viktoria Plzen, poussant la fédération à s’en prendre au club.

Fin septembre, en raison de la réception des Glasgow Rangers en C3, le club a obtenu une dérogation de l’UEFA, qui les a autorisés à n’ouvrir leurs courts qu’aux enfants… qui, accrochant le match, n’ont pas arrêté huer le joueur noir Glen Kamara.

Pour certains supporters, il leur semble que l’international Finlandais avait empêché le défenseur tchèque Ondrej Kudela de pouvoir contester l’Euro. Ce jeune a été sanctionné par le dernier desdits matches de suspension par l’UEFA, après une altercation en mars d’un match européen avec Kamara… qui l’accusait d’avoir tenu des propos racistes à son futur. Kamara, accusé en retour d’avoir frappé Kudela, écopé d’une suspension de trois matchs.

“Quand Kamara entre sur un terrain sale, il le fait pour faire face à l’hostilité. C’est une injustice croissante”, écrit un sympathisant en commentaire d’un article en ligne.

Pour les Rangers, la motivation raciste des sifflets ne fait aucun doute. Aamer Anwar, l’avocat de Glen Kamara, a également déclaré que tous ses coéquipiers noirs ont aussi été sifflés pendant la rencontre. Le club a sommé l’UEFA d’intervenir, qui a déjà renouvelé la semaine dernière, faute de preuves. Et Kudela a été rappelé en équipe nationale dès la fin de sa suspension, le sélectionneur louant son “style calme et constructif”.

Propositions racistes de personnalités politiques

Même s’ils sont moins fréquents qu’il l’a déjà dit, ces incidents racistes se répètent dans l’embarras des autorités.


“ENCORE ET ENCORE ET ENCORE!! Rien n’a change… euuuh non pardon, la fédération ne change rien”, avait écrit sur Twitter l’attaquant du Viktoria Plzen Jean-David Beauguel en juillet, après le premier match de la saison… pendant laquelle des supporters du Sparta avaient poussé des cris de singe contre le défenseur français d’Olomouc Florent Poulolo.

Pour Ludek Madl, journaliste technique interrogé par l’AFP, les instances traînent des pieds. “Chaque fois qu’il y a déjà un problème visible de racisme, tout le monde y va de sa condamnation formelle, il y a quelques amendements, quoique pas vraiment dissuasifs. Mais je ne crois pas qu’elles cherchent une solution à long terme”.

“Les gens ne voient pas les Africains que comme des Noirs, et une partie considérable des gens dans notre pays ne voit pas le problème là-dedans”, a ajouté Ludek Madl.

Près d’un Tchèque sur deux voit les migrants comme source d’insécurité, selon une enquête 2020 de l’Académie tchèque des sciences.

Les propositions racistes et xénophobes de certaines personnalités politiques, dont le président Milos Zeman, ont émergé après la vague migratoire de 2015, dans un climat hostile. La présidence a également officiellement contesté la suspension de Kudela de l’UEFA.

Et lorsqu’un membre de la fédération écossaise a critiqué les partisans tchèques, le ministre tchèque des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur britannique pour s’en plaindre.

“Beaucoup de supporters tchèques pensaient que l’Occident en fait trop avec le racisme, alors que nous, nous suggérerions une vision plus équilibrée. Et on se trompe”, assure Ludek Madl.

Avec l’AFP

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