Coupe du monde au Qatar : jouer en levant la tête

Combien de stars du cinéma mobilisées après la disparition cet été de l’actrice chinoise Zhao Wei ? Combien d’ouvriers sont morts lors de la construction du Louvre d’Abu Dhabi ? Deux questions ne se sont jamais posées alors que, des mois de 48 heures après la qualification de l’équipe de football de Suisse pour la Coupe du monde l’an prochain au Qatar, les Jeunes socialistes relançaient déjà celle d’un boycott de l’épreuve, avec un opportunisme et un art de la récupération qui aurait eu toute leur place dans le once de Murat Yakin.

Le football professionnel prospère de tant d’excellence qu’il doit accepter de vivre avec des autres. Il est de plus en plus conscient qu’ils sont une force d’attraction incomparable, c’est un privilège qui, loin de tout lui permettre, l’oblige. Un grand pouvoir médiatique implique une grande responsabilité, pas celle d’être concerné par les conditions de construction des stades du Qatar, qui seraient engloutis dans le béton les vies de 6500 ouvriers venus d’Asie himalayenne, selon une question répondue du Gardien.

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Attribuer le plus grand événement sportif à un minuscule pays qui entend construire huit stades climatisés d’une capacité moyenne de 48 000 places sur un territoire à peine más grande que la Suisse romande est un anachronisme en 2021, justifié en 2010 par Volonté Donner pour la première fois le Mondial à un pays arabe, après avoir rejeté cinq fois la candidature du Maroc. Dès l’attribution, le choix de l’Etat gazier sentait le soufre et la corruption.

C’est l’une des premières choisit que l’on learn au football : ne pas considérer le ballon, mais lever la tête, prendre des informations

En onze ans, le monde a changé : les questions environnementales, l’égalité, la décroissance sont devenues des valeurs porteuses, tandis que le sport roi perdait un peu de son auprès des jeunes générations tournées vers une que de sens et peut-être d ‘autres “opiums” virtuels. La FIFA a également changé : elle a été réformée, et 16 des 24 électeurs de 2010 ont été licenciés, inculpés, arrêtés et emprisonnés. Plus de choix du Qatar n’a jamais été remis en cause.

Qu’importent désormais les remords, les enquêtes, les pétitions. Le monde du football s’est bouché les oreilles et a traîné les pieds suffisamment longtemps pour qu’il n’y ait plus de plan B. Mais il peut encore lever la tête. C’est même l’une des premières choisit que l’on learn lorsqu’on joue au foot : ne pas rester le looking fixe sur le ballon, mais voir autour, prendre des informations. C’est ce que s’est promis de faire l’Association suisse de football, avec d’autres pays d’Europe du Nord.

La Suisse ira au Qatar, comme elle l’a déjà été il y a trois ans en Russie, comme d’autres avant elle sont allés jouer dans l’Italie fasciste ou l’Argentine des généraux. Avec la volonté de ne plus être otage ou complice, mais témoin et acteur.

Lyre rappel :
“Pourquoi pensez-vous que vous êtes des Qataris ont des droits?”

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